Mulet à grosse têteMugil cephalus Linnaeus, 1758Fiche n° 7-63-359-3595-785 Rédacteur(s) : Durand Jean-Dominique et Dindart Thibaut Fiche éditée le : Source : FishBase 2025 TaxonomieClasse : Actinopterygii Ordre : Mugiliformes Famille : Mugilidae Nom commun (EN) : Flathead grey mullet Principaux synonymesMugil crenilabis our Fabricius, 1775; Mugil japonicus Temminck & Schlegel, 1845; Mugil ashanteensis Bleeker, 1863; Mugil cephalotus Valenciennes, 1836; Myxus caecutiens Günther, 1876; Mugil cephalus Linnaeus, 1758; Mugil dobula Günther, 1861; Mugil rammelsbergii Tschudi, 1846; Myxus barnardi Gilchrist & Thompson, 1914; Mugil provensalis Risso, 1810; Mugil tang Bloch, 1794; Mugil vulpinus Nardo, 1847; Mugil albula Linnaeus, 1766; Mugil lineatus Valenciennes, 1836; Myxus superficialis Klunzinger, 1870; Mugil gelatinosus Klunzinger, 1872; Mugil grandis Castelnau, 1879; Mugil muelleri Klunzinger, 1879; Mugil hypselosoma Ogilby, 1897; Myxus pacificus Steindachner, 1900; Mugil mexicanus Steindachner, 1876; Mugil peruanus Hildebrand, 1946 |
Critères d’identification
L’espèce a un corps fusiforme et cylindrique, légèrement comprimé latéralement, une tête large et aplatie. Les yeux sont recouverts d’une paupière adipeuse bien développée couvrant la majeure partie de la pupille. L’extrémité postérieure de la mâchoire supérieure atteint une ligne verticale passant par le bord antérieur de l’œil. Le coussinet maxillaire n’est pas visible sous le coin de la bouche lorsque celle-ci est fermée.
Dentition : Lèvre supérieure fine, dépourvue de papilles, comportant 1 à 2 rangées extérieures de petites dents unicuspides et jusqu’à 6 rangées intérieures de dents bicuspides plus petites. Lèvre inférieure avec une rangée externe de petites dents unicuspides, parfois accompagnée d’une ou plusieurs rangées internes de dents bicuspides.
Formule méristique : D1 : IV, D2 : I 8, A : III 8–10 (adultes) / II 9 (juvéniles < 35 mm SL), P : 16–17, V : I 5 (abdominale), écailles LL : 35–40, cæcums pyloriques : 6. Écailles cténoïdes. Entre les nageoires pelviennes et la première nageoire dorsale : 13 à 15 rangées d’écailles.
Taille : Taille commune : 40–75 cm LT ; taille maximale rapportée : 120 cm LT (FishBase 2025). La formulation initiale « 60–90 cm (jusqu’à 1,2 m) » a été restructurée.
Coloration (spécimens vivants) : Dos olive grisâtre à gris bleuté ou vert olive ; flancs argentés ou gris avec reflets dorés. De 7 à 10 bandes longitudinales sombres suivent les rangées d’écailles, moins visibles ventralement. Abdomen blanc cassé. Nageoires sombres avec de fines taches noires (surtout sur les nageoires dorsale et caudale) ; nageoires pelviennes plus pâles. Tache sombre à la base de la nageoire pectorale. Chez les spécimens des côtes tropicales atlantiques d’Afrique, les nageoires pelviennes, anale et le lobe inférieur de la caudale sont jaunâtres (Whitfield et al. 2012).
Coloration (spécimens conservés) : Dos brun foncé ; flancs brun clair ou argentés avec bandes longitudinales sombres ; parties ventrales pâles, jaunâtres ou argentées. Les spécimens d’eaux estuariennes présentent des flancs plus ternes et un dos bleu terne ou brun sale.
Caractères complémentaires : La première nageoire dorsale est plus proche de la pointe du museau que de la base de la nageoire caudale. Les bases des nageoires dorsales et anales sont couvertes d’écailles moyennement denses. Présence d’un processus axillaire pectoral. Nageoires pectorales courtes (61–83 % de la longueur de la tête) ; rabattues vers l’avant, elles n’atteignent pas les yeux. L’organe pharyngobranchial possède une seule et grande valve, souvent plus courte antéro-postérieurement que profonde dorso-ventralement.
Biologie
Reproduction : Mode gonochorique, fécondation externe, pic saisonnier annuel. Les œufs sont pélagiques, libérés en pleine eau et dérivent passivement ; absence de soin parental.
Régime alimentaire : Mugil cephalus présente une variation ontogénétique marquée de son régime. Les post-larves et jeunes juvéniles (< quelques cm SL) consomment principalement du zooplancton. Avec la croissance, le régime évolue progressivement vers le méiobenthos puis vers le microbenthos : les subadultes et adultes broutent les sédiments, consommant des microalgues (diatomées benthiques, algues épiphytes), des détritus organiques et de petits invertébrés benthiques. L’espèce cesse de s’alimenter pendant les migrations de reproduction. Elle se nourrit généralement près du lit des rivières dans les eaux peu profondes, mais peut également se déplacer dans la colonne d’eau des chenaux et sauter hors de l’eau.
Caractères complémentaires : La première nageoire dorsale est plus proche de la pointe du museau que de la base de la nageoire caudale. Les bases des nageoires dorsales et anales sont couvertes d’écailles moyennement denses. Présence d’un processus axillaire pectoral. Nageoires pectorales courtes (61–83 % de la longueur de la tête) ; rabattues vers l’avant, elles n’atteignent pas les yeux. L’organe pharyngobranchial possède une seule et grande valve, souvent plus courte antéro-postérieurement que profonde dorso-ventralement.
Coloration (spécimens conservés) : Dos brun foncé ; flancs brun clair ou argentés avec bandes longitudinales sombres ; parties ventrales pâles, jaunâtres ou argentées. Les spécimens d’eaux estuariennes présentent des flancs plus ternes et un dos bleu terne ou brun sale.
Habitat et répartition
Habitat : Espèce euryhaline et eurytherme fréquentant les eaux côtières marines, les zones néritiques et intertidales, les lagunes, les estuaires et les parties inférieures des cours d’eau. Habitats benthiques variés : fonds durs, rocheux, sableux et vaseux. La profondeur habituelle de présence est de 0 à 10 m ; la profondeur maximale rapportée est de 120 m (FishBase 2025), correspondant vraisemblablement à des observations ponctuelles en milieu marin ouvert.
Distribution : Mugil cephalus sensu stricto : Bien que traditionnellement décrite comme cosmopolite, Mugil cephalus est aujourd’hui reconnue comme appartenant à un complexe d’espèces cryptiques à l’échelle mondiale (Durand & Borsa 2015 ; Thieme et al. 2025). L’aire de distribution de M. cephalus s.s. se limite désormais à la mer Méditerranée, la mer Noire, la mer Caspienne, ainsi qu’aux côtes du nord-est de l’océan Atlantique, depuis le centre du Maroc jusqu’au nord-ouest de l’Europe (Thieme et al. 2025).
Comportement migratoire : Espèce migratrice euryhaline. Les adultes effectuent des migrations de reproduction vers le milieu marin ; une proportion d’environ 5 % des juvéniles plus âgés peut quitter les estuaires en début d’été et migrer le long des plages. Certaines migrations, déclenchées par des crues fluviales, sont désignées sous le terme de « migration à intestin vide » en raison de l’absence de contenu digestif observée chez les individus durant ce déplacement. L’espèce présente une forte tendance à former des bancs, tant au stade juvénile qu’en saison de reproduction.
Présence en France probable ou observée :
- Méditerranée
- Côtier
- Alpes-Maritimes ; Aude ; Bouches-du-Rhône ; Corse-du-Sud ; Gard ; Haute-Corse ; Hérault ; Pyrénées-Orientales ; Var
Menaces et utilisations
Statut UICN : Préoccupation mineure – LC (Least Concern) pour M. cephalus sensu lato. Ce statut est à interpréter avec précaution au regard du statut d’espèce complexe : il ne reflète pas nécessairement le statut de conservation de M. cephalus s.s. À vérifier sur iucnredlist.org.
Importance commerciale mondiale : Très élevée. Mugil cephalus sensu lato est l’une des espèces de Mugilidae les plus exploitées à l’échelle mondiale, avec des débarquements se chiffrant en centaines de milliers de tonnes par an (FAO). La pêche inclut des pêcheries commerciales, des pêcheries de subsistance, et l’espèce est occasionnellement utilisée comme appât.
Débarquements en France : Environ 20 tonnes par an. Cette valeur est modeste à l’échelle nationale, à distinguer de l’importance commerciale mondiale très élevée.
Galerie photos
Crédit photo : Guichard Benjamin


