
Morue de l’AtlantiqueGadus morhua Linnaeus, 1758Fiche n° 7-44-183-3348-69 Rédacteur(s) : Teletchea, Fabrice Fiche éditée le : 2026-06-08 Source : FishBase 2025 TaxonomieClasse : Actinopterygiens Ordre : Gadiformes Famille : Gadidae Nom commun (EN) : Atlantic cod Principaux synonymesMorhua punctatus Fleming, 1828; Morrhua americana Storer, 1839; Gadus callarias Linnaeus, 1758; Gadus vertagus Walbaum, 1792; Gadus heteroglossus Walbaum, 1792; Gadus ruber Lacepède, 1803; Morhua vulgaris Fleming, 1828; Gadus arenosus Mitchill, 1815; Gadus rupestris Mitchill, 1815; Gadus nanus Faber, 1829; Gadus callarias kildinensis Derjugin, 1920; Gadus morhua Linnaeus, 1758; Gadus callarias hiemalis Taliev, 1931 |
Critères d’identification
L’espèce Gadus morhua possède un corps de forme fusiforme, avec une tête caractérisée par une forme relativement étroite, avec un espace interorbitaire représentant 15 à 22 % de la longueur de la tête, et une distance prédorsale Inférieure à environ 33 % de la longueur totale.
Le diamètre de l’œil est nettement inférieur à la longueur du museau, la commissure buccale est située sous l’œil, et la mâchoire inférieure est plus courte que la supérieure.
Les dents palatines sont absentes et le barbillon mentonnier est bien développé.
Le front est plus ou moins droit et la bouche est terminale.
Un seul barbillon non ramifié est présent.
Elle présente la configuration suivante : D : 12 – 16 + 14 – 25 + 16 – 21, A : 16 – 23 + 15 – 19, P : 18 – 21, V : 6 (thoracique), nageoire adipeuse : absente,scutelles : absentes, vertèbres : 51 – 55. Sa nageoire caudale est tronquée.
L’espèce possède des écailles cycloïdes.
Les individus peuvent atteindre une taille maximale de 200 – LT. Les tailles observées selon Louisy (2022) sont : 0,7 – 1m (2m)
Le poids maximal, connu pour l’espèce, est de 96 kg.
La coloration de ce poisson varie, allant du brun jaunâtre, verdâtre, grisâtre ou rougeâtre, Généralement moucheté de brun, surtout chez les jeunes et un ventre est blanchâtre.
La ligne latérale est claire et nettement infléchie.
L’espèce possède trois nageoires dorsales et deux nageoires anales, toutes séparées les unes des autres. La première base anale est courte, représentant moins de la moitié de la distance anale.
Les nageoires pectorales sont situées loin de l’origine de la nageoire anale, et les nageoires pelviennes présentent un filament légèrement allongé.
Des pores de la ligne latérale sont présents sur la tête, et les écailles se chevauchent.
La distance prédominante est inférieure à environ un tiers de la longueur totale, et le corps est Généralement tacheté.
Les nageoires dorsales et anales sont arrondies, tandis que les nageoires ventrales n’atteignent pas l’anus. La ligne latérale incurvée est Généralement claire, avec des points ou des mouchetures sombres, surtout dorsalement.
L’espèce possède trois nageoires dorsales, deux nageoires anales, et une queue tronquée avec un bord droit.
Son identification est considérée comme facile.
Biologie
La morue est l’un des poissons les plus féconds au monde, avec une production moyenne d’environ un million d’œufs par femelle.
Une femelle de 5 kg produit environ 2,5 millions d’œufs, une femelle de 10 kg jusqu’à 5 millions, et une femelle de 15 kg jusqu’à 7,5 millions.La production maximale enregistrée est de 9 millions d’œufs pour un individu de 34 kg.
La période de frai varie selon les sous – populations de l’Atlantique Nord : de décembre à juin, elle s’étend de février à avril sur la côte norvégienne, d’avril à juin à Terre – Neuve, de mars à juin en Grèce occidentale, et de mai à septembre dans le sud – ouest du golfe du Saint-Laurent.
La morue fraye généralement sur le fond ou à proximité.
Elle se reproduit une fois par an.
Durant la reproduction, elle forme d’immenses bancs, les mâles devenant alors agressifs, émettant des grognements et délimitant leur territoire.
Une parade nuptiale précède la ponte, avec formation de couples et reconnaissance sexuelle.
En mer du Nord, la reproduction a lieu de février à avril, durant 13 à 15 semaines, sur des fonds de moins de 50 m, mais toujours à moins de 200 m de profondeur. Les mâles émettent des sons susceptibles de stimuler les femelles.
La ponte se déroule dans des eaux dont la température est comprise entre 4 et 6 °C.
Les œufs, mesurant de 1,3 à 1,5 mm, sont pélagiques et transportés par les courants.
Leur flottabilité dépend de la salinité.
L’éclosion survient après environ 12 à 14 jours d’incubation à 5,5–6 °C. Les larves mesurent alors environ 4 à 4,5 mm et adoptent un mode de vie pélagique pendant 2 à 5 mois avant de s’installer sur le fond.
Gadus morhua est un prédateur omnivore et vorace.
Les larves se nourrissent de plancton, les juvéniles d’invertébrés, et les adultes se nourrissent principalement de zoobenthos et de poissons, y compris des morues juvéniles.
Les adultes migrent sur de longues distances, préférant des eaux froides inférieures à 10°C.
Leur régime alimentaire varie en fonction de la taille et inclut des poissons, des crustacés, des mollusques et des annélides.
Les adultes se nourrissent principalement à l’aube et au crépuscule.
Les parasites de l’espèce comprennent des protozoaires (trypanosome), myxosporidiens, monogénéides, trématodes, cestodes, nématodes, acanthocéphales, hirudinidés et copépodes (Réf. 5951).
Comportement : Les sites de frai se trouvent dans les eaux du large, au fond ou à proximité, entre 50 et 200 m de profondeur et entre 0 et 12 °C (plage préférée de 0 à 6 °C) (Réf. 1371, 89387).
Peut former des concentrations de frai dans la colonne d’eau lorsque les températures du fond ne sont pas appropriées (Réf. 1371).
Différentes frayères pourront être utilisées les années suivantes (Réf. 89387).
Le développement de l’embryon dure environ 14 jours (à 6°C) et la phase larvaire dure environ 3 mois (à 8°C). La fécondité varie de 2,5 millions d’œufs pour une femelle de 5 kg à un record de 9 millions d’œufs pour une femelle de 34 kg.
Le nombre signalé de lots générés dans une expérience est de 8 à 22 (Réf. 5513).
Le sex – ratio est proche de 50 %, avec une légère prédominance des femelles.
Classé comme reproducteur multiple déterminé (Réf. 40290).
Il a été constaté que les morues plus âgées et plus grosses produisaient des œufs plus gros avec une flottabilité neutre à des salinités plus faibles. Cela peut être crucial pour la survie des œufs et des larves (Réf. 31930, 38384).
Les larves sont pélagiques jusqu’à 2,5 mois avant de s’installer sur le fond (Réf. 1371).
Dans la Baltique, la ponte se cumule en mars à des profondeurs inférieures à 20 m près du fond. Les zones de reproduction se situent dans la zone côtière intérieure.
Le recrutement dans le stock exploité commence en dessous de 2 ans et culmine vers l’âge de 3 ans (Réf. 5947).
Les jeunes morues sont également la proie de différentes espèces de poissons et de poulpes.
La morue adulte est la proie des grands prédateurs comme les requins, les raies, les baleines, les dauphins, les phoques et les oiseaux de mer (Réf. 9023, 9581, 26954, 43651, 45735).
Habitat et répartition
Cette espèce vit principalement dans des environnements marin et dulçaquicole
Température de l’eau : entre 0 – 20°C
Éloignement de la côte : Néritique, intertidal et océanique
Type d’habitat : Démersal à pélagique
Principaux habitats : Fonds durs, rocheux, meubles et estuaires
Distribution bathymétrique : 0 – 600 m, habituellement : 0 – 600 m
Profondeur observée selon Louisy (2022) : 30 – 200m (1 – 600m) À l’échelle mondiale : du cap Hatteras à la baie d’Ungava, le long de la côte nord – américaine, ainsi que sur les côtes est et ouest du Groenland, s’étendant sur des distances variables vers le nord en fonction des tendances climatiques.
Elle est également présente autour de l’Islande et sur les côtes de l’Europe, du golfe de Gascogne à la mer de Barents, incluant la région autour de l’île de l’Ours.
Dans la Baltique, elle peut atteindre jusqu’à 5 kg en 7 – 8 ans, tandis qu’en mer du Nord, elle atteint 8 kg dans le même laps de temps.
La mortalité naturelle des adultes des deux stocks est supposée être d’environ M = 0,2, ce qui se traduit par une espérance de vie moyenne des adultes et une durée moyenne de la phase de reproduction de 5 ans.
Présence en France probable ou observée :
- Atlantique ; Manche
- Côtier ; Plateau
- Calvados ; Cotes-d’Armor ; Finistère ; Ille-et-Vilaine ; Manche ; Nord ; Pas-de-Calais ; Seine-Maritime ; Somme
Menaces et utilisations
Importance ou intérêt commercial :
Intérêt commercial très important ; intérêt pour la pêche : Parmi les plus importants poissons commerciaux, le cabillaud a été appelé le « bœuf de la mer ».
La morue de l’Atlantique est exploitée depuis que l’homme a commencé à pêcher dans les mers d’Europe.
Sa valeur en tant qu’aliment de base est énorme et, une fois salée et séchée, elle se conserve pour l’hiver ou pour l’exportation.
Activement péchée dès le IX siècle, déplace de véritables flottes pour sa capture. A suscité de nombreuses rivalités et fait l’objet de multiples accords internationaux.
Toujours largement consommée frâiche ou préparée.
Huile du foie (très riche en vitamines) utilisée pour en pharmacie et pour le corroyage des cuirs.
Pêche : profesionnalle, ligne et surtout chalut; amateurs : ligne, de terre ou en bateau.
Une des espèces Intérêt commerciales les plus importantes ; intérêt pour l’aquaculture : Production aquacole mondiale s’élevant à 12 172 tonnes, non produite en France.
Le foie de la Morue est utilisé pour son huile, et ses œufs pour le tarama.




