Peau bleue (Prionace glauca)

Prionace glauca - Wikipedia

Peau bleue

Prionace glauca,  (Linnaeus, 1758)

Fiche n° 2-8-11-2875-898

Rédacteur(s) : Biton-Porsmoguer Sebastian

Fiche éditée le :

Source : FishBase 2025

Taxonomie

Classe : Elasmobranchii

Ordre : Carcharhiniformes

Famille : Carcharhinidae

Nom commun (EN) : Blue shark

Principaux synonymes

Squalus glaucus Linnaeus, 1758; Carcharias gracilis Philippi, 1887; Hypoprion isodus Philippi, 1887; Prionace mackiei Phillipps, 1935; Carcharias aethiops Philippi, 1902; Carcharias pugae Pérez Canto, 1886; Carcharias hirundinaceus Valenciennes, 1839; Thalassorhinus vulpecula Valenciennes, 1839; Squalus rondeletii Risso, 1810; Squalus adscensionis Osbeck, 1765; Galeus thalassinus Valenciennes, 1835; Squalus caeruleus Blainville, 1816; Squalus ciliaris Bloch & Schneider, 1801

Critères d’identification

L’espèce Prionace glauca possède un corps de forme fusiforme, avec une tête caractérisée par un long museau conique, de grands yeux et des dents supérieures triangulaires incurvées aux bords en scie. Elle présente la configuration suivante : V : abdominale, nageoire adipeuse : absente. Sa nageoire caudale est hétérocerque. L’espèce possède des écailles placoïdes. Les individus peuvent atteindre une taille maximale de 400cm LT. Les tailles observées selon Louisy (2022) sont : 2,5m-4m (6m?). Le poids maximal, connu pour l’espèce, est de 205,9 kg. La coloration de ce poisson est d’un bleu ciel intense et brillant, plus foncé sur le dos et les nageoires, et très blanc sur le dessous (Moreno 2004 ;comm, pers.). Le bleu est foncé sur le dos, tandis que les côtés sont d’un bleu vif et la partie ventrale est blanche. Les extrémités des nageoires pectorales et de la nageoire anale sont sombres, ajoutant un contraste à son apparence. L’espèce possède des nageoires pectorales longues et étroites, sans crête interdorsale. Le premier cas de Diprosopus tetrophthalmus (duplication cranofaciale) chez un fœtus de cette espèce a été signalé dans l’Atlantique Sud. Elle peut être confondue avec Carcharhinus longimanus. Son identification est considérée comme moyennement facile. La base de la première nageoire dorsale, est plus proche des nageoires pelviennes que des nageoires pectorales  ;arcs branchiaux pourvus de branchies courtes ;pectoraux très longs (Lloris 2015).

Biologie

Cette espèce présente un mode de reproduction gonochorique avec fécondation interne via l’oviducte. Les œufs sont portés vivants en interne avec une protection assurée par les parents. L’accouplement est distinct et se fait par étreinte. Elle est vivipare placentaire, donnant naissance de 4 à 135 petits par portée, généralement entre 15 et 30, mesurant environ 35 à 44 cm à la naissance. La gestation dure entre 9 et 12 mois. Prionace glauca est un prédateur carnivore opportuniste dont le régime alimentaire étudié sur 54 spécimens en Atlantique nord-est montre une prédominance des céphalopodes, principalement du genre Histioteuthis, représentant environ 90 % des proies. Elle consomme également des téléostéens, notamment Scomber scombrus, ainsi que des cétacés. Bien que certaines études confirment ce régime, d’autres indiquent une prédominance des téléostéens. Les parasites de l’espèce comprennent : Hepatoxylon squali pleurocercoïde, Phyllobothrium dagnallium, Phyllobothrium sp. et Platybothrium parvum (Réf. 5951). Comportement : Les femelles sont matures sexuellement à 200 cm LT (6 ans) et les mâles à 180 cm (4-5 ans) (Moreno 2004). En Méditerranée, la maturité sexuelle pour le requin peau bleue (Prionace glauca) est atteinte à 203 cm pour les femelles et 187 cm pour les mâles (Megalofonou et al., 2009). Les jeunes requins bleus restent ensemble jusqu’à atteindre 130 cm de longueur (LT) puis migrent avec d’autres individus similaires en taille et sexe (Compagno et al. 2005). Les adultes (mâles et femelles) ne se réunissent que pour s’accoupler (Compagno et al. 2005). Le dimorphisme sexuel est évident dans l’épaisseur de la peau des femelles en cours de maturation et adultes (Réf. 49562). Les femelles ont une couche cutanée plus épaisse que les mâles de même taille (Réf. 49562).

Habitat et répartition

Cette espèce vit principalement dans des environnements pélagiques. Espèce de requin qui préfère plutôt les eaux froides comprises entre 7 et 16°C, bien qu’il tolère des eaux plus chaudes (jusqu’aux zones tropicales) (Moreno 2004). Groupes peu organisés ;les individus fréquentent les eaux superficielles, jusqu’à 200 mètres, mais peuvent aussi se rapprocher des côtes la nuit notamment (Moreno 2004). Type d’habitat : Pélagique Distribution bathymétrique : 0 – 1082m, habituellement : 1- 220m. Profondeur observée selon Louisy (2022) : 0-200m (1000m). À l’échelle mondiale : dans l’ensemble des mers tempérées et tropicales. Elle est circumglobale, présente en Atlantique Ouest, de Terre-Neuve (Canada) à l’Argentine, en Atlantique central, et en Atlantique Est, de la Norvège à l’Afrique du Sud, y compris la Méditerranée. Dans l’Indo-Ouest Pacifique, elle est observée de l’Afrique de l’Est jusqu’à l’Indonésie, ainsi qu’au Japon, en Australie, en Nouvelle-Calédonie et en Nouvelle-Zélande. Dans le Pacifique Est, sa répartition s’étend du golfe d’Alaska jusqu’au Chili.

 

 

  • Atlantique ; Manche ; Méditerranée Côtier ;
  • Océanique ;
  • Plateau Alpes-Maritimes ; Aude ; Bouches-du-Rhône ; Calvados ; Charente-Maritime ; Corse-du-Sud ; Cotes-d’Armor ; Finistère ; Gard ; Gironde ; Haute-Corse ; Hérault ; Ille-et-Vilaine ; Landes ; Loire-Atlantique ; Manche ; Morbihan ; Nord ; Pas-de-Calais ; Pyrénées-Atlantiques ; Pyrénées-Orientales ; Seine-Maritime ; Somme ; Var ; Vendée

Menaces et utilisations

Espèce ciblée en Atlantique nord-est en particulier par les palangriers espagnols basés à Vigo avec plus de 2591 tonnes débarquées en 2016 (Biton-Porsmoguer 2018). En 2021, les captures espagnoles de requin peau bleue (Atlantique nord-est, zones FAO 7h, 8ab) ont dépassé les 824 tonnes (ICES 2023). En Méditerranée occidentale, le requin peau bleue est objet de captures accidentelles notamment par la flotte palangrière qui cible l´espadon (Xiphias gladius) (Biton-Porsmoguer & Lloret 2018). Les pêcheurs récréatifs ciblent le requin peau bleue. Des travaux via analyse de vidéos sur les réseaux sociaux ont permis de recenser des captures de requin peau bleue par des pêcheurs récréatifs, notamment en Bretagne sud (Biton-Porsmoguer & Lloret 2022). Cette espèce est également capturée et ciblée par la pêche récréative française en Méditerranée, principalement dans le Golfe du Lion. Les requins peau bleue recensés sont majoritairement des individus femelles et juvéniles (Panayioutou et al. 2020). L’ appât utilisé pour la pêche récréative ciblant le requin peau bleue est le maquereau (Scomber scombrus) (Comm. pers.). Cette espèce, en tant que prédateur supérieur, est sujette à une accumulation progressive de mercure (Hg) (phénomène de bioaccumulation) principalement causée par son alimentation et les proies consommées. Des analyses réalisées sur le muscle de 40 requins d’Atlantique nord-est ont montré que les individus supérieurs à 250 cm TL seraient impropres à la consommation conformément à la réglementation européenne (1mg Hg/1kg chair fraîche) (Biton-Porsmoguer et al. 2018). La surpêche est la menace la plus importante pour cette espèce, recherchée pour la chair et les ailerons vers le marché asiatique.

Galerie photos

Prionace glauca - Requin bleu

 

Carte de répartition

Répartition Prionace glauca