
Émissole tachetée (Mustelus asterias)Fiche n° 2-8-488-6505-5938 Rédacteur(s) : Biton-Porsmoguer Sebastian Fiche éditée le : Source : FishBase 2025 TaxonomieClasse : Elasmobranchii Ordre : Carcharhiniformes Famille : Triakidae Nom commun (EN) : Starry smooth-hound Principaux synonymesSqualus hinnulus Blainville, 1825; Mustelus stellatus Risso, 1827; Mustelus plebejus Bonaparte, 1834; Squalus albomaculatus Plucàr, 1846; Squalus edentulus Chiereghini, 1872; Mustelus asterias Cloquet, 1819 |
Critères d’identification
L’espèce Mustelus asterias possède un corps de forme allongé, avec une tête caractérisée par cinq fentes branchiales, un profil pointu sans expansions latérales et l’absence de fossettes ou de carènes précaudales. Les yeux, allongés et fusiformes, possèdent une membrane nictitante externe, transitionnelle ou interne. La tête ne présente ni sillons oronasaux ni barbules nasales. La bouche inférieure est dotée de petites dents fonctionnelles, émoussées ou pointues, disposées en plusieurs séries. Sa nageoire caudale est hétérocerque (peu développé au niveau du lobe inférieur et le lobe terminal est relativement court et arrondi (Louisy 2015 ;comm pers.). Les individus peuvent atteindre une taille maximale de 140cm LT. Les tailles observées selon Louisy (2022) sont : 1-1,3m (1,5m) Le poids maximal, connu pour l’espèce, est de 4,7Kg. La coloration de ce poisson est à dos brun à grisâtre, taches blanches sur les flancs et le dos (parfois absentes sur certains spécimens), blanc sur la partie ventrale. L’espèce possède des plis labiaux parfaitement formés, avec des stigmates petits ou moyennement grands. Il n’y a pas d’épines sur les deux nageoires dorsales, et la nageoire caudale présente un lobe inférieur peu marqué. Elle peut être confondue avec Émissole lisse (Mustelus mustelus) et requin Hâ (Galeorhinus galeus) dans les criées françaises (notamment en Manche) notamment pour les indivdus de même taille. Son identification est considérée à tort, comme moyennement facile.
Biologie
Cette espèce présente un mode de reproduction gonochorique avec fécondation interne (oviducte). Elle est ovovivipare, portant entre 7 et 15 fœtus par portée. La gestation dure environ 12 mois, avec une mise bas en été près des côtes. Les nouveaux-nés connaissent une croissance rapide et atteignent la maturité sexuelle entre 2 et 3 ans, mesurant alors entre 70 et 85cm. Chez les mâles, la maturité est atteinte entre 78 et 85cm, tandis que chez les femelles, elle est autour de 80 et 95cm. Dans le sud de la mer du Nord et la Manche, la maturité à 50 % est estimée à 70,4cm TL pour les mâles et à 81,9cm TL pour les femelles (McCully Phillips & Ellis 2015). Les embryons se nourrissent exclusivement du vitellus. Mustelus asterias est un prédateur se nourrissant principalement de crustacés, en particulier du crabe vert (Carcinus maenas), de l’étrille (Liocarcinus holsatus) et du bernard-l’ermite (Pagurus bernhardus). Les mollusques et céphalopodes constituent des proies rares dans son régime alimentaire (Biton-Porsmoguer 2022).
Habitat et répartition
Cette espèce vit principalement dans des environnements marins. Température de l’eau : entre 7 – 16, 2°C. Éloignement de la côte : Néritique et océanique Type d’habitat : Benthique Principaux habitats : Fonds meubles, sableux et graviers Distribution bathymétrique : 0 – 350 m Profondeur observée selon Louisy (2022) : 10-200m (1-500m) À l’échelle mondiale : en Atlantique Nord-Est, des îles Britanniques et de la mer du Nord jusqu’aux îles Canaries, incluant la Méditerranée et la Mauritanie.
Présence en France probable ou observée :
- Atlantique ; Manche ; Méditerranée
- Côtier ;
- Océanique ; Plateau Alpes-Maritimes ; Aude ; Bouches-du-Rhône ; Calvados ; Charente-Maritime ; Corse-du-Sud ; Cotes-d’Armor ; Finistère ; Gard ; Gironde ; Haute-Corse ; Hérault ; Ille-et-Vilaine ; Landes ; Loire-Atlantique ; Manche ; Morbihan ; Nord ; Pas-de-Calais ; Pyrenées-Atlantiques ; Pyrenées-Orientales ; Seine-Maritime ; Somme ; Var ; Vendee
Menaces et utilisations
Cette espèce est principalement pêchée par la flotte anglaise en Manche (zones FAO 7de). En 2021, plus de 32 tonnes ont été débarquées (ICES 2023). Cette espèce est confondue avec l’émissole lisse (Mustelus mustelus) et le requin Hâ (Galeorhinus galeus) par les pêcheurs professionnels et le personnel des criées. L’émissole tachetée réalise au printemps/été une migration notamment les femelles gravides, avec des phénomènes d’aggrégation. Les captures accidentelles par les filets fixes telles que celles connues dans la réserve du Sillon de Talbert en juin 2018 peuvent causer une menace pour l’espèce. Plus de 430 spécimens avaient péris pris dans le filet en un jour (Biton-Porsmoguer 2022). De plus, l´espèce pourrait être menaçée par une dégradation des habitats nécessaires à son alimentation. En effet, en Manche, l´émissole tacheté a un régime alimentaire de spécialiste s´alimentant principalement de crustacés (Biton-Porsmoguer, 2022). Les impacts directs du chalutage de fond peuvent entraîner l’élimination d’organismes, des modifications de l’environnement (modification des habitats sédimentaires) et de nombreux impacts secondaires complexes dus au fonctionnement de l’écosystème, par exemple des changements dans les processus sédimentaires, une augmentation ou diminution des flux de nutriments, perte d’hétérogénéité de l’habitat, changements dans les relations prédateur/proie) (Bulh-Mortensen & Buhl-Mortensen 2018). Cette espèce de requin est ciblée par les pêcheurs récréatifs notamment en Normandie (Littoral Seino-marin) et en Bretagne (Estuaire de Trieux et Rade de Brest). L’appât utilisé est le crabe vert (Carcinus maenas) (Linnaeus, 1758) (Biton-Porsmoguer & Lloret 2023). Pêche maritime de loisir et la pêcherie non commerciale autorisées et dont le produit est destiné à la consommation exclusive du pêcheur et de sa famille et ne peut être colporté, exposé à la vente, vendu sous quelque forme que ce soit, ou acheté en connaissance de cause.




