Requin-hâ (Galeorhinus galeus)

Galeorhinus galeus Wikipedia

Requin-hâ

Galeorhinus galeus,  (Linnaeus, 1758)

 

Fiche n° 2-8-488-2272-4642

Rédacteur(s) : Biton-Porsmoguer Sebastian

Fiche éditée le :

Source : FishBase 2025

Taxonomie

Classe : Elasmobranchii

Ordre : Carcharhiniformes

Famille : Triakidae

Nom commun (EN) : Tope shark

Principaux synonymes

Squalus rhinophanes Péron, 1807; Galeus vulgaris Fleming, 1828; Galeus canis Bonaparte, 1834; Galeus nilssoni Bonaparte, 1846; Galeus communis Owen, 1853; Galeus linnei Malm, 1877; Galeus australis Macleay, 1881; Galeus chilensis Pérez Canto, 1886; Galeus molinae Philippi, 1887; Carcharhinus cyrano Whitley, 1930; Galeorhinus vitaminicus de Buen, 1950; Galeorhinus zyopterus Jordan & Gilbert, 1883; Squalus galeus Linnaeus, 1758

Critères d’identification

L’espèce Galeorhinus galeus possède un corps de forme allongé, avec une tête caractérisée par un long museau pointu, une grande bouche avec de petites dents en forme de lame, non disposées en pavé et avec une cuspide suivie d’autres secondaires. Des yeux de côté et pas de crête interdorsale. Elle présente la configuration suivante : V : abdominale, nageoire adipeuse : absente. Sa nageoire caudale est hétérocerque. L’espèce possède des écailles placoïdes. Les individus peuvent atteindre une taille maximale de 193cm LT. Les tailles observées selon Louisy (2022) sont : 1,2-1,5m (2m). Le poids maximal, connu pour l’espèce, est de 45Kg. La coloration de ce poisson est grisâtre sur le dessus et blanche sur le dessous. Les jeunes individus présentent des marques noires sur les nageoires. L’espèce est un requin de grande taille, avec une deuxième nageoire dorsale à peu près aussi grande que la nageoire anale. Le lobe caudal terminal est aussi long que le reste de la nageoire. La deuxième nageoire dorsale est de taille similaire à la nageoire anale, et la nageoire caudale présente un lobe inférieur bien développé. Elle peut être confondue avec émissole lisse (Mustelus mustelus) dans les criées françaises (notamment en Manche) (Biton-Porsmoguer 2022). Son identification est considérée comme moyennement facile, la deuxième nageoire dorsale de taille est similaire à la nageoire anale.

Biologie

Cette espèce présente un mode de reproduction gonochorique, avec une fécondation interne au niveau de l’oviducte. Elle est ovovivipare, avec un pic saisonnier net de frai par an. Les portées peuvent atteindre jusqu’à 50 individus, avec une période de gestation d’environ 10 mois (Moreno 2004). Les embryons se nourrissent uniquement du vitellus, sans formation de placenta vitellin. La productivité biologique est faible, les femelles atteignant la maturité sexuelle à partir de 10 ans (130cm) (Compagno et al. 2006), tandis que les mâles y parviennent plus précocement, vers 120cm (Moreno, 2004). Le nombre de petits par portée varie de 6 à 52. Galeorhinus galeus est un prédateur spécialiste au stade juvénile, se nourrissant quasi exclusivement de poissons osseux (téléostéens). L’analyse des contenus stomacaux de 31 spécimens de taille comprise entre 80 et 110 cm en Manche a révélé que ses principales proies sont le maquereau (Scomber scombrus), le tacaud (Trisopterus luscus) et le hareng (Clupea harengus) (Biton-Porsmoguer 2022). Aucun différentiel alimentaire n’a été observé entre mâles et femelles (Morato et al. 2003). La taille de la portée augmente avec la taille de la mère. Les embryons atteignent 30 à 36 cm de TL à la naissance (Réf. 6080). Dans les eaux méridionales de l’Australie, les juvéniles nouveau-nés et plus âgés (30 à 70 cm de long) se regroupent dans des « zones de nourricerie » situées dans les eaux peu profondes. Ils se déplacent vers les eaux côtières plus profondes pour passer l’hiver. Le printemps suivant, la plupart de ces jeunes retourne dans leurs zones de nourricerie. Les plus âgés, âgés de 2 ans et plus, se déplacent plutôt vers l’est du détroit de Bass, où se trouve la plupart des stocks immatures. La longueur moyenne d’un embryon à terme est de 32 cm. La fréquence de frai est d’une fois par an, l’ovulation ayant lieu au début de l’été et la parturition s’achève en janvier de l’année suivante. La période de gestation dure environ 12 mois (Réf. 6390, 6871).

Habitat et répartition

Cette espèce vit principalement dans des environnements marins pélagiques. Température de l’eau : entre 6,7 – 23, 2°C Éloignement de la côte : Océanique Type d’habitat : Benthopélagique Principaux habitats : Fonds meubles, sableux, vaseux et estuaires Distribution bathymétrique : 0 -1100 m, habituellement : 2 – 471m. Profondeur observée selon Louisy (2022) : 10-300m (0-550m) À l’échelle mondiale : dans les eaux tempérées, notamment en Atlantique Ouest, du sud du Brésil à l’Argentine, et en Atlantique Est, de l’Islande, la Norvège, les îles Féroé et les îles Britanniques jusqu’à la Méditerranée et au Sénégal, ainsi que de la Namibie à l’Afrique du Sud (océan Indien occidental). Elle est également présente dans le Pacifique occidental, en Australie et en Nouvelle-Zélande, et dans le Pacifique Est, de la Colombie-Britannique au sud de la Basse-Californie, jusqu’au Pérou et au Chili. L’espèce fréquente le plateau et le talus continentaux, et entreprend de longues migrations pouvant atteindre 2 500km dans l’Atlantique Nord-Est et 1 400km dans le sud de l’Australie. En Australie méridionale, les individus forment des bancs par sexe et taille, migrent vers les eaux plus chaudes en hiver, puis retournent vers le détroit de Bass à l’automne. Des marquages en mer du Nord montrent une migration vers la Manche, puis vers le large Atlantique via le talus européen (Scaber et al., 2022). Tous les requins marqués dans les eaux allemandes (Mer du Nord) ont suivi des trajectoires relativement linéaires et se sont dirigées vers la Manche, où ils sont restés pendant une période de quelques jours à quelques semaines, avant de poursuivre leur migration, plus à l’ouest. Les quatre individus ont suivi des trajectoires qui ont traversé le talus du plateau européen jusqu’aux zones océaniques ouvertes de l’Atlantique du Nord-Est (Scaber et al 2022). Certaines observations restent douteuses, notamment en Côte d’Ivoire, au Niger, au Gabon, en République Démocratique du Congo et à Laysan (Hawaï).

Présence en France probable ou observée :

  • Atlantique ;
  • Manche ;
  • Méditerranée Côtier ;
  • Océanique ; Plateau Alpes-Maritimes ; Aude ; Bouches-du-Rhône ; Calvados ; Charente-Maritime ; Corse-du-Sud ; Cotes-d’Armor ; Finistère ; Gard ; Gironde ; Haute-Corse ; Hérault ; Ille-et-Vilaine ; Landes ; Loire-Atlantique ; Manche ; Morbihan ; Nord ; Pas-de-Calais ; Pyrenées-Atlantiques ; Pyrenées-Orientales ; Seine-Maritime ; Somme ; Var ; Vendee

Menaces et utilisations

Espèce principalement exploitée par la flotte de pêche française (notamment en Manche) malgré son état de conservation précaire en Europe. Plus de 171 Tonnes ont été débarquées en Manche (zones FAO 7de) en 2021 (ICES 2023). Cette espèce de requin est ciblée par les pêcheurs récréatifs notamment dans le Golfe Normand Breton et par les pêcheurs anglais en particulier. Très prisée par les pêcheurs sur les îles britanniques. L’appât utilisé est le maquereau (Scomber scombrus) (Biton-Porsmoguer & Lloret 2023). Les activités de pêche pourraient causer deux menaces pour le requin Hâ, 1) une éventuelle surexploitation d’individus juvéniles et 2) une dégradation des habitats nécessaires au fonctionnement des écosystèmes avec des changements dans les relations prédateurs/proies.

Carte de répartition

Répartition Galeorhinus galeus