Grenadier de rocheCoryphaenoides rupestris Gunnerus, 1765Fiche n° 7-44-185-4217-332 Rédacteur(s) : Bailly, Nicolas Fiche éditée le : 2026-06-08 Source : FishBase 2025 TaxonomieClasse : Actinopterygiens Ordre : Gadiformes Famille : Macrouridae Nom commun (EN) : Roundnose grenadier Principaux synonymesMacrourus stroemii Reinhardt, 1825; Coryphaenoides rupestris Gunnerus, 1765; Lepidoleprus norvegicus Nilsson, 1832 |
Critères d’identification
L’espèce Coryphaenoides rupestris possède un corps de forme allongée et cylindrique, avec une tête caractérisée par un museau court et arrondi comparée aux autres espèces de Coryphaenoides, une face nettement convexe, une bouche sub – terminale/inférieure et barbillon. Elle présente la configuration suivante : D: II – II, 8 – 11 (pas de taches ni de rayures, pas de marge colorée), A>50 (pas de taches ni de rayures, pas de marge colorée), P: I, 16 – 19, V: 7 – 8 (thoracique), C: 0 (pas de taches ni de rayures, pas de marge colorée), rayons branchiaux : 6 – 6, ligne latérale : 1, rayons branchiostégaux : 18 – 20. Sa nageoire caudale est pointu (dorsale et anale fusionnées); (pas de taches ni de rayures, pas de marge colorée). L’espèce possède des écailles cténoïdes. Les individus peuvent atteindre une taille maximale de 110 – LT. Les tailles observées selon Louisy (2022) sont : 1 – 1,5m Le poids maximal, connu pour l’espèce, est de 1,69 kg. La coloration de ce poisson est brun moyen à grisâtre, avec des orbites, des cavités buccales et branchiales, ainsi que des nageoires noirâtres à gris brunâtre. Tête large, plutôt molle ; museau large, arrondi, avec une grande écaille tuberculeuse arrondie à son extrémité ; yeux relativement grands ; menton avec petit barbillon. Tronc court, corps rétrécissant progressivement derrière la première nageoire dorsale. Écailles relativement adhérentes ; spinules denses sur les écailles du corps, longues, fines et recourbées, étroitement lancéolées, à concavité antérieure longitudinale. Cæca pyloriques 29 à 31, longues et fines. Queue très effilée. Couleur: brun moyen à grisâtre ; orbites, cavités buccale et branchiale, et nageoires noirâtre à gris brunâtre. Elle peut être confondue avec Coryphaenoides spp.
Biologie
Cette espèce présente un mode de reproduction gonochorique, avec une fécondation externe. Elle ne protège pas ses œufs. La reproduction s’étend du printemps à l’automne dans l’Atlantique nord – est. Coryphaenoides rupestris est un prédateur se nourrissant d’une grande variété de poissons et d’invertébrés, mais principalement de crustacés pélagiques tels que les crevettes, amphipodes et cumacés. Elle consomme également, dans une moindre mesure, des céphalopodes et des poissons – lanternes. Cette espèce héberge une diversité de parasites : cinq myxosporidiens, un monogène, trois cestodes, sept trématodes (notamment Dolichoenterum sp. et Gonocerca crassa), trois nématodes et deux crustacés. Les adultes sont la proie des baleines et du flétan du Groenland (Reinhardtius hippoglossoides); les juvéniles par le sébaste et d’autres espèces.
Habitat et répartition
Cette espèce vit principalement dans des environnements marin Température de l’eau : entre 2,7 – 9,4 °C Éloignement de la côte : Océanique Type d’habitat : Pélagique Principaux habitats : Pente continentale Distribution bathymétrique : 180 – 2600 m, habituellement : 400 – 1200 m Profondeur observée selon Louisy (2022) : 180 – 2600m À l’échelle mondiale : Atlantique nord – ouest: de la Baie de Baffin et le détroit de Davis jusqu’en Caroline du Nord; signalements aux Bermudes et Bahamas. Ride médio – Atlantique: de l’Islande aux Açores. Atlantique nord – est: du Svalbard à Madère, exclus la grande partie sud – ouest peu profonde de la Mer du Nord et la Manche. Absente de Méditerranée.
Présence en France probable ou observée :
- Atlantique
- Plateau
Menaces et utilisations
Importance ou intérêt commercial : Intérêt commercial ; intérêt pour la pêche : L’exploitation de l’espèce dans son ensemble, débutée en Atlantique ouest en 1965, a résulté en une prise culminant en 1971 (82,000 tonnes), et 1973 dans une moindre mesure, conduisant à un premier collapse des stocks en 1984 (4000 tonnes). Les zones de pêche se sont déplacées vers l’Europe, et les prises ont alors progressivement augmenté pour culminer en 2005 (46,000 tonnes) suivi d’un collapse total en 2007 (1500 tonnes), niveau des prises à peu près égale jusqu’en 2019 (dernière date analysée en 2024). L’espèce a été trop tardivement étudiée dans la ZEE française, seulement au moment où le premier collapse dans tout l’Atlantique était en cours (P. Geistdoerfer, pers. comm.), ne permettant pas de mettre en place un plan de gestion soutenable, qui reste une gageure pour les poissons de profondeur à croissance lente. Il est donc difficile de connaître l’état des populations avant le début des pêches, et l’impact du premier collapse dans la ZEE française, qui est restée peu exploitée avec moins de 10 tonnes par an, mais avec une augmentation en 2018 et 2019 avec 260 et 210 tonnes respectivement.


